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Préjugé #1 : "On est envahis par les migrants"

De tous temps, des êtres humains ont migré, se sont déplacés, pour assurer leur survie ou dans l’espoir d’un avenir meilleur. Ce n’est ni bien, ni mal: c’est un fait.

Parmi ces personnes que l’on appelle "migrants", certaines sont poussées à l’exil par la guerre, les persécutions et les violations des droits de l’homme. Fin 2015, selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 65,3 millions de personnes étaient déplacées de force, dont 24,5 millions en dehors des frontières de leur pays. Des chiffres record liés aux nombreux conflits qui secouent la planète.

© Nicolas Vadot. Exposition "Ceci n’est pas l’Europe" au Mons Memorial Museum en collaboration avec Cartooning for Peace.

Mais 86% de ces réfugiés se trouvent dans des pays en développement. De quoi relativiser le nombre de demandes d’asile introduites dans les 28 États membres de l’Union européenne (UE) en 2015 (1,25 millions) et pour les neuf premiers mois de 2016 (950 000).

©UNHCR

La Belgique, pour sa part, a enregistré 44 760 demandes d’asile en 2015 et 18 710 en 2016. Une goutte d’eau dans l’océan, quand on sait que l’UE compte plus de 508 millions d’habitants, et la Belgique plus de 11 millions... Les chiffres plus généraux de l’immigration ne permettent pas non plus de parler d’invasion. En 2014, 128 465 étrangers ont été enregistrés en Belgique. Et ce, quel que soit le motif de leur venue. Parmi ces personnes 64% étaient des citoyens de l’UE.

L’ "invasion" de l’Europe par les migrants est une illusion, renforcée par les dispositifs sophistiqués de fermeture et de surveillance des frontières (murs, barbelés...), ainsi que les milliards d'euros qui y sont consacrés. L'Europe serait-elle menacée, pour se barricader ainsi? La réponse est non, mais des intérêts électoraux et économiques poussent certains dirigeants européens à le laisser croire. Ceci n'est pas sans conséquences: ces politiques poussent les migrants à emprunter des routes toujours plus dangereuses et à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe. C’est ainsi que des images de naufrages et de files interminables apparaissent sur nos écrans, renforçant encore la crainte de l’invasion.

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Dernière modification le jeudi 12 octobre 2017 10:19