Les initiatives locales d’accueil

À côté des grands centres, il y a l’accueil individuel. Près de la moitié du dispositif s’effectue sous l’égide des CPAS : ce sont les Initiatives locales d’accueil (ILA)

 D’après les règles prévues par la loi, le demandeur d’asile peut terminer son parcours d’hébergement en logement individuel. La plupart du temps, il se retrouvera alors accueilli au sein d’une Initiative locale d’accueil (ILA), quelque part en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles.

« Avec les ILA, les CPAS sont au cœur de leur mission , explique Christophe Ernotte, directeur général de la fédération des CPAS de l’Union des villes et communes de Wallonie. Les Initiatives locales d’accueil permettent en effet d’effectuer une véritable mission d’accompagnement social. Une mission financée par l’État fédéral, et qui n’induit donc aucune perte financière au CPAS.»L’échange avec la population est d’une nature très différente, c’est un facteur d’intégration très fort au niveau local 

Les différents CPAS du pays sont libres d’organiser ou non des ILA et d’en fixer la taille et les modalités pratiques. Généralement, ils fournissent un logement aux demandeurs d’asile, souvent des familles, et assurent leur prise en charge matérielle, parfois sous forme d’argent, parfois sous forme de bons alimentaires. Le CPAS paie le loyer et les charges du logement.

Mais l’Initiative locale d’accueil, c’est bien plus qu’un hébergement plus confortable qu’en centre collectif. Comme dans le dispositif d’hébergement individuel des ONG membres du CIRÉ, le CPAS offre en effet un véritable accompagnement social au demandeur d’asile. « L’intérêt du dispositif d’ILA permet par exemple aux personnes de suivre une formation, de participer à une vie sociale, d’avoir un suivi individualisé… Le travail des CPAS est bien plus intéressant dans ce cadre qu’avec une aide à distance, comme c’était le cas avec le plan de répartition, où ils jouaient uniquement un rôle de Mister Cash », poursuit Christophe Ernotte.

Selon lui, l’ancien système créait un véritable phénomène d’attractivité de la Belgique. « C’est ce qui a amené Johan Vande Lanotte, le ministre de l’époque, à mettre en place les ILA ».

« Aider les gens »

« Aujourd’hui, le bilan des CPAS est positif, estime-t-il. Il faut rappeler que l’accueil des demandeurs d’asile est d’abord une compétence du gouvernement fédéral. Mais dès lors que les CPAS sont contraints de jouer dans la pièce, nous sommes satisfaits de pouvoir faire efficacement notre métier : aider les gens, les encadrer… D’autant que la mission est correctement financée ». Et de rappeler l’intérêt global des CPAS d’organiser des Initiatives locales d’accueil. « Il y a toujours le spectre du plan de répartition qui nous pend au nez. »

Quant aux demandeurs d’asile, « ils sont les premiers à souligner la qualité des ILA. On y trouve un accompagnement social d’une tout autre qualité qu’en centre communautaire. On bénéficie aussi d’un service de proximité. L’échange avec la population est d’une nature très différente, c’est un facteur d’intégration très fort au niveau local ». 

Propos recueillis par Cédric Vallet

Un grand nombre de communes accueillent des candidats réfugiés à la demande de FEDASIL. Les CPAS de ces communes organisent alors des initiatives locales d’accueil en partenariat avec FEDASIL.

Les demandeurs d’asile pris en charge dans le cadre des ILA reçoivent alors uniquement une aide matérielle de la commune. Une ILA est la plupart du temps un logement privé doté des équipements indispensables afin de permettre aux demandeurs d’asile de subvenir à leurs besoins quotidiens. Les CPAS assurent également l’accompagnement social et médical des résidents.

Source : FEDASIL

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