L’histoire nous rattrape…

Relire l’histoire coloniale est un terrain miné pour les États. L’Organisation de l’unité africaine l’a bien compris lorsqu’elle a rédigé sa charte en mai 1963. À plusieurs reprises, elle souligne que ses États membres respecteront leur intégrité territoriale. Pas touche aux frontières tracées par les empires coloniaux, même si elles le sont souvent en dépit du bon sens.

Du côté des anciennes puissances coloniales, les questions de responsabilité restent pour le moins sensibles. Comment faire admettre à ceux qui apportaient la civilisation que colonisation et protectorat n’étaient pas toujours synonymes de noble œuvre accomplie ?

À l’heure de la commémoration des 20 ans du génocide au Rwanda, Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, semblait satisfait. À ses yeux, la Belgique a accompli « un travail considérable de mémoire sur la colonisation… et sur ses apports ». Ignorer à ce point l’Histoire n’est pas juste un manque d’information… Il ne suffit pas de compatir.

Remettre en question l’histoire officielle est indispensable car nos rapports avec les peuples des Grands Lacs demeurent, aujourd’hui encore, tributaires de ces silences et manipulations.

Les « 100 jours du Rwanda » nous forcent à prendre du recul. Pour saisir les ressorts et enjeux politiques qui ont conduit au génocide, il nous faudra rattacher 1994 au contexte historique colonial.

La logique citoyenne a très peu à voir avec celle des États. C’est donc une conscience historique de citoyen qui anime ce « grand angle ». En quoi est-il essentiel de solder cette histoire coloniale et la période qui a suivi les indépendances pour pouvoir se tourner vers l’avenir, entre Belges et Congolais, Belges et Rwandais, mais aussi entre Congolais et Rwandais ?

Est-ce inutilement accentuer des maux et rouvrir des cicatrices ? Au contraire. Remettre en question l’histoire officielle, celle des dominants et des vainqueurs, l’histoire truquée, opaque, sublimée ou confisquée, est indispensable, car nos rapports avec les peuples des Grands Lacs demeurent, aujourd’hui encore, tributaires de ces silences et manipulations. Car nous voulons pouvoir mieux vivre ensemble, ici et là-bas.

 

carte des monuments coloniaux à Bruxelles

Plus d’infos:

www.memoirecoloniale.be

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