L’asile, le temps d’une nuit

Depuis cet été, des dizaines de migrants en transit se sont installés dans des abris de fortune au parc Maximilien de Bruxelles. Face à l’inaction des autorités, des centaines de citoyens, partout en Belgique, se mobilisent pour leur offrir un toit, pour quelques jours ou quelques semaines.

Eh ben moi, pour mon anniversaire, j’ai reçu un invité du Tchad. Il pleurait de rire quand je le lui ai dit, car il trouvait qu’il était vraiment un super beau cadeau! Et vous savez quoi? C’est vrai que le voir rire comme ça malgré tout ce qu’il a vécu, c’est le plus beau des cadeaux!” Le passage à 52 ans, Didier l’a fêté avec B., qui aurait autrement passé une nouvelle nuit dehors, dans le parc Maximilen de Bruxelles. Un autre bénévole était passé le chercher au parc, pour le déposer chez Didier, à Pécrot (Brabant wallon). Deux jours plus tard, B. est reparti, reconnaissant pour cette parenthèse de réconfort dans un long parcours migratoire.

Chaque jour, sur la page Facebook mise sur pied par la plateforme citoyenne d’aide aux migrants, des dizaines de personnes postent des messages similaires. Elles se réjouissent de pouvoir offrir un peu de chaleur humaine face à des politiques migratoires de plus en plus répressives.

Lancée à l’été 2015, lors de la première crise de l’accueil des réfugiés syriens, l’initiative d’hébergement a été réactivée cet été, alors que le parc Maximilen est confronté à un nouvel afflux de migrants en transit. Le harcèlement policier dont ces derniers ont fait l’objet a donné une nouvelle vie à la plateforme citoyenne. Après une “rafle” annoncée en septembre, le nombre de membres est passé de 7.000 à plus de 10.000 en quelques jours. Il continue d’augmenter.
Issus des quatre coins de la Belgique, ces hôtes ont une chambre à prêter ou quelques heures à donner pour faire le taxi. Près de 300 migrants sont désormais hébergés chaque jour, et répartis grâce à une mécanique de mieux en mieux huilée. Tous les soirs, parfois jusqu’après minuit, une quinzaine de bénévoles se chargent d’aiguiller les uns et les autres à bon port.

Entretemps, les autorités bruxelloises ont fini par prendre le problème en main. Un immeuble sera loué à Haren et mis à la disposition de la plateforme citoyenne. Avec le soutien possible de Médecins du monde, 80 migrants pourraient y être logés. L’accueil chez les citoyens ne s’arrêtera pas pour autant. “C’est la meilleure solution pour créer un climat de confiance”, explique Medhi Kassou. “Les migrants se rendent compte que la population belge n’est pas la politique belge, ils nous disent que le peuple belge est magnifique.” Du coup, certains demandent l’asile, au lieu de poursuivre leur route vers l’Angleterre. Une pierre dans le jardin des responsables politiques belges, qui justifient leur refus de créer des structures d’accueil par le caractère transitoire de cette migration.

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