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De la main-d’œuvre étrangère pour l’église

La migration de travail touche aussi l’Église de Belgique. Déjà dans les années d’après-guerre, quand de nombreux travailleurs sont arrivés du Sud de l’Europe, on a vu fleurir dans les villes belges des messes en italien, en espagnol, en portugais. Les Églises d’origine de ces migrants ont envoyé des prêtres pour leur accompagnement pastoral.

Malgré la fin de l’immigration de travail en 1974, le phénomène a repris dans les années 1990, de manière moins organisée, les travailleurs migrants étant pour la plupart clandestins. Dans certains cas, comme pour les Latino-américains à Bruxelles, l’Église de Belgique a invité des religieux de leur aire culturelle pour les soutenir.

Depuis une quinzaine d’années, on assiste aussi à un autre type de migration du travail dans le cadre ecclésial : celle de prêtres étrangers envoyés au service des communautés paroissiales belges, principalement francophones. Si tous les diocèses connaissent aujourd’hui ce phénomène, c’est à Namur (et province du Luxembourg) et dans le Brabant Wallon qu’il est le plus important. Il n’existe pas de chiffres pour l’ensemble de la Belgique ou de la Communauté française. Ceux disponibles pour le Brabant wallon ne sont pas représentatifs mais ils sont impressionnants : sur 143 prêtres actifs, seuls 29 sont Belges (20%), 62 sont Congolais (43%) et 37 sont Polonais (25%).En 20 ans, le nombre de prêtres diocésains en Belgique est passé de 6514 en 1990, à 3659 en 2009. Pour répondre à ce défi, les diocèses ont développé la formation de laïcs, mais aussi l’appel à des prêtres étrangers.La diminution du nombre des prêtres est évidemment à l’origine de cette situation. En 20 ans, le nombre de prêtres diocésains en Belgique est passé de 6514 en 1990, à 3659 en 2009. Pour répondre à ce défi, les diocèses ont développé la formation de laïcs, mais aussi l’appel à des prêtres étrangers.

Le diocèse de Namur a accueilli nombre de séminaristes étrangers, la plupart européens mais aussi quelques Latino-américains et Africains. Au terme de leur formation, ils sont restés en Belgique pour le service dans les paroisses. Mais la plupart des prêtres étrangers qu’on trouve aujourd’hui à la tête de paroisses sont arrivés alors qu’ils étaient déjà ordonnés. Certains ont dû fuir leur pays et sont réfugiés reconnus, c’est le cas d’un certain nombre de prêtres congolais et rwandais. D’autres sont venus pour des soins de santé et trouver un emploi comme curé leur a permis de rester pour leur suivi médical.

Une bonne part des prêtres d’origine africaine vient pour des études, souvent un doctorat ou un Diplôme d’études spécialisées. L’évêque qui les envoie demande à un collègue belge de les accueillir et de leur confier un travail pastoral, le salaire servant de bourse d’études. La proximité de l’université de Louvain-la-Neuve explique ainsi la présence importante de prêtres africains dans les presbytères du Brabant wallon. Il n’est pas rare qu’ils restent après leurs études pour poursuivre le travail en paroisse, si leur évêque d’origine est d’accord.

Les prêtres polonais sont, eux, arrivés directement avec un statut de « travailleurs », jouissant de la liberté de circulation et d’installation en tant que ressortissants d’un État de l’UE. Au courant de la pénurie de prêtres, ils prennent contact avec les évêques belges pour offrir leurs services.

S’ils sont heureux de ce soutien, les évêques belges sont conscients des dérives que pourrait entraîner une acceptation trop légère de prêtres étrangers. Ils demandent donc que les contrats prévoient qu’ils restent sous la responsabilité de leur évêque d’origine, qui peut les rappeler au terme de leur mandat. La priorité devant rester la mission au service des fidèles, et non la carte de séjour. 

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