Le respect des droits humains n’est pas une option: c’est une obligation et un devoir

En ce 10 décembre, journée internationale des droits humains, nous appelons l’Office des étrangers et le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration à respecter les droits humains des personnes migrantes en Belgique, quelle que soit leur situation administrative!

Tous les êtres humains, d’où qu’ils soient, disposent des mêmes droits fondamentaux: le droit à la dignité, à des conditions de travail et à un salaire décents, à un logement salubre, au meilleur état de santé possible, au respect de leur vie privée et familiale… En Belgique, ces droits ne sont pourtant pas appliqués de la même façon pour tous·tes.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent sur notre territoire sans titre de séjour. Enfants, femmes seules ou familles monoparentales, hommes seuls ou en famille, personnes âgées, en bonne santé ou gravement malades… Les personnes sans papiers sont particulièrement exposées au non-respect de leurs droits.

Leur statut administratif les soumet à de graves risques d’abus et d’exploitation économique. Salaires impayés, accidents du travail non-indemnisés par l’employeur, aucune protection sociale ni droit à un salaire minimum, quelles que soient leurs compétences et la réalité de l’activité économique. Les travailleur·euse·s sans papiers voient leurs droits bafoués quotidiennement. Leur droit à la dignité humaine ne devrait pourtant pas être à géométrie variable!
Du point de vue des droits humains, la situation actuelle en matière de séjour humanitaire est révoltante. Elle plonge les personnes sans papiers dans une précarité indigne, alors même que leur vie privée et familiale est établie en Belgique depuis parfois de nombreuses années. Une politique de délivrance des titres de séjour claire, transparente et juste est indispensable pour mettre un terme à ces violations des droits humains.

Quant au sort réservé aux personnes en demande d’asile laissées à la rue depuis plus d’un mois, il est inacceptable. Le droit d’asile est un droit fondamental que les autorités fédérales violent sciemment, en refusant toute possibilité d’alternative permettant de respecter la dignité humaine des réfugié·e·s. Cette situation enfreint le droit d’asile et bafoue le droit à l’accueil des personnes en demande de protection. Ces manquements des autorités belges sont inadmissibles.

Nous dénonçons aussi la détention de personnes migrantes dans les centres fermés. La privation de liberté est une mesure portant atteinte à la dignité humaine. Or, même lorsqu’elles ont satisfait à toutes les conditions pour accéder au territoire, des personnes sont enfermées. En témoignent les cas récemment médiatisés d’étudiants étrangers en possession du visa exigé, mais pourtant interdits d’accès au territoire et placés en centre fermé. Cette pratique des autorités belges, exécutée avec autant de mépris, ne peut être tolérée.

En ce 10 décembre, journée de célébration des droits humains, nous allumerons des bougies devant les bureaux de l’Office des étrangers pour marquer notre résistance à ces violations répétées, par les autorités fédérales, des droits des personnes sans papiers et, de manière générale, des personnes migrantes.

Signataires

  • CIRÉ
  • Vluchtelingenwerk Vlaanderen
  • Moc
  • Beweging.net
  • ACV-CSC
  • FGTB/ABVV
  • SAAMO
  • JRS Belgium
  • Liga voor Mensenrechten
  • Ligue des droits humains
  • Plateforme Citoyenne – BxlRefugees
  • PAC
  • Le Monde des possibles
  • Aide aux personnes déplacées
  • Point d’Appui
  • Centre des immigrés Namur Luxembourg
  • Service social juif
  • Cap migrants

Contact presse

Sotieta Ngo, directrice du CIRÉ: sngo@cire.be

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