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Clandestins brésiliens en Belgique : « Ils travaillent, tous ! »

Il y aurait en Belgique entre 40 000 et 50 000 travailleurs d’origine brésilienne. Parmi eux, « il y avait 5478 Brésiliens en situation régulière fin 2010, auxquels on peut ajouter environ 3 000 Belges d’origine brésilienne », explique Monica Pereira, responsable de l’asbl Abraço1 qui défend le respect des droits fondamentaux des migrants de langue portugaise en situation irrégulière ou précaire en Belgique.

« Ils sont donc environ 8500 à avoir un titre de séjour. Tous les autres sont en situation irrégulière. Ils travaillent, tous ! », précise-t-elle. La présence de nombreux Brésiliens sur le territoire belge peut être expliquée d’abord par le fait que des accords bilatéraux ont été passés entre la Belgique et le Brésil, qui permettent aux ressortissants brésiliens de se passer du visa touristique de trois mois. Comme nous l’avons vu, la plupart des migrants brésiliens entrés en Belgique ne disposent pas d’un accès légal au marché de l’emploi. Ils travaillent illégalement et occupent des secteurs d’emploi bien particuliers : la construction pour les hommes, le nettoyage pour les femmes. Ces types d’emploi constituent des « niches ethniques » propres aux Brésiliens.La présence de nombreux Brésiliens sur le territoire belge peut être expliquée d’abord par le fait que des accords bilatéraux ont été passés entre la Belgique et le Brésil, qui permettent aux ressortissants brésiliens de se passer du visa touristique de trois mois Les auteurs d’une étude sur les « nouvelles migrations » publiée en 20102 relèvent que les postes occupés par les travailleurs brésiliens dans le secteur de la construction sont « bien définis » et peuvent « aisément être sous-traités ». En outre, ces activités sont pratiquées à l’intérieur des bâtiments, « c’est-à-dire dans des conditions de relative sécurité pour un travailleur en situation irrégulière »3. Pour les Brésiliennes, qui travaillent en général dans le cadre d’une maison privée, les contrôles sont rares : cela pourrait également expliquer pourquoi ce segment est privilégié. Pour Monica Pereira, si ces secteurs de travail sont occupés par les Brésiliens c’est « parce qu’il y a de l’emploi, et pas parce que les gens sont formés au Brésil pour ça, ou parce qu’ils ont de l’expérience dans le domaine. Pour les Brésiliens, c’est dans la construction et le nettoyage qu’il est possible de trouver du travail, surtout quand ils sont en situation irrégulière ».

La plupart des Brésiliens en situation irrégulière travaillent au noir. Cependant, certains travaillent parfois de façon irrégulière, mais déclarée. Comme l’explique Monica Pereira : « De façon irrégulière parce qu’ils n’ont pas de permis de travail, mais déclarée parce qu’ils ont des contrats. Une fois qu’ils sont contrôlés, en théorie ils ne peuvent plus travailler ». Dans un autre type de situation, « beaucoup de Brésiliens en situation irrégulière se voient proposer de devenir des associés actifs, continue-elle, pour qu’ils puissent travailler de façon déclarée et que l’employeur n’ait pas de problèmes en cas de contrôle ». Le cas échéant, le patron peut ainsi plaider la bonne foi, puisqu’il n’est en fait qu’un simple associé, et affirmer que le migrant est seul responsable.

Pour les femmes, ça se limite surtout aux travailleurs irréguliers, conclut Monica Pereira, « parce qu’en général elles font le nettoyage pour une famille, dans le cercle privé. C’est moins contrôlé ».  

Notes:
1 www.abraco-asbl.be
2 Nouvelles migrations et nouveaux migrants en Belgique. Nieuwe Migraties en Nieuwe Migranten in België, sous la direction de M. Martiniello, A. Rea, Ch. Timmerman, J. Wets, Academia Press, Gand, 2010.
3 Op.cit. pp. 125-126.
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