Au-delà des barrières et des murs, un cap !

Les chiffres font froid dans le dos. Avec plus de 3 000 morts en 2014, la Méditerranée serait devenue la route migratoire la plus dangereuse au monde selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

À titre de comparaison, dix fois plus de migrants sont morts cette année en essayant de rallier l’Europe par la mer qu’en tentant de traverser la frontière entre le Mexique et les États-Unis. La situation est à ce point critique que l’Agence des Nations unies pour les réfugiés(HCR) parle pour 2014 d’une « catastrophe humanitaire colossale en Méditerranée ».

Morts aux frontières

Depuis 20 ans, on assiste à une extraordinaire surenchère sécuritaire aux frontières extérieures de l’UE. Selon les sources, ils seraient entre 18 000 et 23 000 personnes à avoir perdu la vie en tentant de franchir ces frontières pendant cette même période.

Plus on barricade les frontières, plus les migrants prennent des risques pour les franchir. A fortiori s’il n’existe pas de canaux légaux de migrations qui permettent à ceux qui auraient toutes les chances d’obtenir l’asile d’atteindre de manière sécurisée le territoire où ils peuvent en faire la demande.

Raison de plus pour ouvrir un véritable débat, sans tabou, en vue de définir un autre cap que celui de la peur ! Avec au moins une certitude : il n’est pas possible de faire pire.

Pas étonnant alors que le nombre de candidats prêts à s’entasser dans des camions ou dans des épaves avec l’espoir d’atteindre l’Europe ne cesse d’augmenter.
Avec ce paradoxe : en accroissant la dangerosité des routes, en allongeant la durée du voyage et en faisant grimper son coût, le verrouillage des frontières fait
la prospérité des passeurs, ceux-là mêmes que les responsables européens prétendent pourchasser avec leur politique de contrôle des frontières.

©MICmag

Forteresse assiégée ?

D’après certaines estimations, plus de 165 000 personnes auraient tenté de gagner l’Europe en traversant la Méditerranée centrale en 2014. La plupart de ces migrants sont Syriens, Érythréens, Somaliens, Afghans… Ils étaient environ 60 000 en 2013, 22 500 en 2012, et 69 000 en 2011 l’année du Printemps arabe qui déstabilisa toute la région.

L’Europe forteresse serait-elle assiégée ? Pas si vite. Aussi impressionnants soientils, ces chiffres doivent être mis en rapport avec les crises humanitaires qui se déroulent en ce moment aux portes de l’Europe. À commencer par la guerre en Syrie et ses 3 millions de réfugiés.

Une crise qui rappelle une fois encore que les réfugiés trouvent avant tout refuge dans les pays limitrophes des zones de conflit qu’ils fuient. Comme au Liban par exemple, un pays qui accueille plus d’1 million de réfugiés alors que sa population ne dépasse pas les 4 millions. À côté, le nombre de migrants qui arrivent en Europe reste dérisoire. Seule une minorité parvient à déjouer les dispositifs et à atteindre l’Europe.

L’heure du bilan

Bref, la liste des morts aux frontières s’allonge tous les jours alors que les sommes englouties par l’UE et les États pour les contrôler montent en flèche. Plus d’argent pour plus de morts : est-ce tolérable ?

Depuis 15 ans, l’Europe s’enfonce dans une voie sans issue. Bien sûr, la question est complexe et il n’y a pas de solution miracle. Raison de plus pour ouvrir un véritable débat, sans tabou, en vue de définir un autre cap que celui de la peur ! Avec au moins une certitude : il n’est pas possible de faire pire.

 

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