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Justice pour Mawda!

Mawda Shawri, 2 ans, a été tuée par balle alors qu'elle se trouvait avec ses parents et son frère dans une camionnette transportant d'autres migrants.

Ses parents n'ont pas pu être à ses côtés lors ses derniers moments de vie dans l'ambulance. Ils étaient menottés et emmenés en cellule.

Pendant 24h, son frère de 4 ans est resté avec sa mère en détention, ignorant comme ses parents que sa sœur était morte.

Ils n’en ont été informés qu’à leur sortie de cellule, puis se sont vus remettre un ordre de quitter le territoire. Puisqu’ils sont en situation irrégulière et indésirables…

Les autorités appellent au calme et affirment qu'une enquête indépendante va être réalisée.

La description de ces derniers jours est glaçante.

Comment peut-on nous demander de garder notre calme?

Pourquoi devrions-nous accepter l'inadmissible?

Comment... ?

Comment la guerre aux passeurs et aux migrants en transit en est-elle arrivée à ce que des tirs puissent avoir lieu contre une camionnette remplie de migrants, potentielles victimes de passeurs peu scrupuleux?

Comment les autorités peuvent-elles séparer une fillette mourante de ses parents au prétexte qu'ils sont en situation irrégulière?

Comment un garçon de 4 ans peut-il passer 24h en détention avec sa mère alors qu'il est en état de choc?

Comment peut-on admettre que les parents endeuillés se voient remettre un ordre de quitter le territoire par les autorités alors qu'une enquête sur les circonstances de la mort de leur fille doit être lancée?

Les limites de l’acceptable ont une fois de plus été repoussées

Le sort réservé aux migrants en Belgique prend des proportions insensées. A chaque acte de déni des droits fondamentaux de personnes étrangères, quand les autorités collaborent avec le régime soudanais, quand des policiers raflent et brutalisent des migrants, quand des sans-papiers se font arrêter dans une association culturelle, quand le gouvernement décide de détenir à nouveau des enfants en centre fermé… nous nous disons que la ligne rouge est franchie. Pour nous apercevoir quelques semaines plus tard que les limites de l’acceptable ont une fois de plus été repoussées…

Le statut de migrant semble l'emporter sur toute autre considération. Parce que migrants, des êtres humains sont traités comme si leur dignité était moindre. Ils peuvent dormir dans un parc, être intimidés et raflés à toute heure. Leur domicile privé a moins de valeur que celui d'un autre citoyen. Le risque de traitement inhumain et dégradant en cas de remise à des autorités étrangères connues pour leur pratique de la torture est moins grave, dès lors qu'il s'agit d'étrangers, de migrants. Leur deuil est moins sacré et il peut leur être ordonné de quitter le territoire au lendemain de la perte de leur fille.

L'escalade des moyens mis en place pour lutter contre ceux que l'État juge indésirables doit s’arrêter maintenant!

Le CIRÉ s'insurge contre cette vision criminalisante et stigmatisante des étrangers. Il se rallie à l'indignation exprimée par le Délégué général aux droits de l'enfant, les mondes associatif et académique, et exige la régularisation immédiate de la famille Shawri pour motifs exceptionnels et humanitaires, la démission des responsables politiques et que justice soit faite pour Mawda et sa famille.

Dernière modification le lundi 04 juin 2018 14:49