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Préjugé #1 : “On est envahis par les migrants”

La proportion de migrants parmi la population mondiale reste assez stable dans le temps, autour de 3%. Mais le nombre de personnes qui fuient la guerre,les persécutions et les violations des droits de l’homme est particulièrement élevé ces dernières années.

Fin 2017, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 68,5 millions de personnes à travers le monde ont été chassées de leur foyer. 25,4 millions d’entre elles ont fui leur pays pour échapper au conflit et à la persécution. Des chiffres records liés aux nombreux conflits qui secouent la planète. Mais 85% de ces réfugiés se trouvent dans des pays en développement. De quoi relativiser le nombre de demandeurs d’asile arrivés dans l’Union européenne (UE) (670 000) et en Belgique (19 688) la même année. Une goutte d’eau dans l’océan, quand on sait que l’UE compte plus de 513 millions d’habitants, et la Belgique plus de 11 millions…

© Nicolas Vadot. Exposition “Ceci n’est pas l’Europe” au Mons Memorial Museum en collaboration avec Cartooning for Peace.

Les chiffres plus généraux de l’immigration ne permettent pas non plus de parler d’invasion. En 2016, le nombre total d’étrangers arrivés en Belgique,quel que soit le motif de leur venue, était de 136 327 dont 56% étaient des citoyens de l’UE.

L’”invasion” de l’Europe par les migrants est une illusion, renforcée par les discours politiques, les dispositifs sophistiqués de fermeture et de surveillance des frontières (murs, barbelés…), ainsi que les milliards d’euros qui y sont consacrés. L’Europe serait-elle menacée, pour se barricader ainsi ? La réponse est non, mais des intérêts électoraux et économiques poussent certains dirigeants européens à le laisser croire. Ceci n’est pas sans conséquences :ces politiques poussent les migrants à emprunter des routes toujours plus dangereuses et à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe. C’est ainsi que des images de naufrages et de files interminables apparaissent sur nos écrans,renforçant encore la crainte de l’invasion.

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