Communiqué de presse - 5 décembre 2025
DÈS SON ENTRÉE EN FONCTIONS, LE GOUVERNEMENT ARIZONA A RESTREINT DRASTIQUEMENT LES DROITS, DÉJÀ MALMENÉS, DES PERSONNES ÉTRANGÈRES. IL S’ENORGUEILLIT RÉGULIÈREMENT, PAR LA VOIX DE SA MINISTRE À L’ASILE ET LA MIGRATION, DE MENER LA POLITIQUE MIGRATOIRE LA PLUS DURE DE L’HISTOIRE DU PAYS. UNE DE SES CONSÉQUENCES DIRECTES EST QUE DES FAMILLES, DES ENFANTS, DORMENT DEPUIS DES MOIS À LA RUE.
Plusieurs mesures motivent cette fierté fédérale. Parmi elles, celles qui concernent l’accueil des personnes qui introduisent une demande d'asile en Belgique. Le gouvernement précédent s’était déjà distingué, dès septembre 2021, par sa politique de non accueil des hommes venus seuls demander une protection. Des milliers d’entre eux avaient été abandonnés à la rue. Sans aide, sans soins, sans rien.
La justice belge et européenne a, depuis lors, condamné plus de 15 000 fois l’État belge pour ces pratiques, qui violent les obligations légales auxquelles il ne peut absolument pas déroger. L’histoire est connue: aucune de ces condamnations n’a été respectée, aucune des astreintes n’a été payée, l’État de droit est bafoué dans l’impunité la plus totale.
À l’époque, le gouvernement Vivaldi avait justifié le non accueil des hommes seuls par la nécessité de protéger les familles en demande d’asile. Le pays subissait une nouvelle "crise de l’accueil", il était donc de son devoir de leur réserver les quelques places disponibles pour éviter que (jamais!) des enfants ne se retrouvent à la rue…
Depuis quelques mois, des choses ont changé. Les hommes en demande de protection laissés à la rue ont été rejoints par des familles et donc, des enfants. Des enfants, en exil, souvent traumatisés, sont envoyés passer leurs jours et leurs nuits à la rue. Dans le froid. Sans aide, sans soins, sans rien.
Mais, on avait dit jamais… Oui, mais une loi votée en août 2025 par le gouvernement Arizona interdit d’accueil et d’hébergement les personnes qui ont déjà obtenu un statut de réfugié ou de protection dans un autre pays européen, ce qui est le cas des parents de ces enfants. La plupart d’entre eux ont un statut en Grèce, où il est presque impossible pour les réfugiés d’avoir accès à l’emploi, au logement, à l’enseignement, aux soins de santé… Situation largement reconnue et documentée, qui pousse de nombreux réfugiés à chercher ailleurs des conditions plus acceptables, sinon plus dignes.
Avec cette loi, le gouvernement viole toutes les conventions sur les droits de l’enfant, détourne et inverse ses responsabilités.
Voilà des mois que les acteurs du secteur social, du sans-abrisme, de la migration, alertent sur le nombre croissant de familles migrantes qui s’adressent à eux pour trouver un abri, de plus en plus souvent en vain, faute de places et de moyens suffisants. Voilà des mois qu’ils dénoncent le fait que des enfants en procédure d’asile dorment sur des trottoirs, sous des cartons, dans des bouches de métro, sur décision du gouvernement.
Nous continuerons de lutter contre ces mesures, en recourant au droit, à la justice, en menant des actions. En informant les citoyens et les citoyennes sur les conséquences des politiques migratoires qui sont menées en leur nom. Comme nous le faisons en cette occasion de la St-Nicolas, où tous les enfants devraient être fêtés.
Un enfant ne devrait jamais dormir à la rue.
Pas un enfant à la rue. Point.
Signataires

- CIRÉ
- Amnesty International Belgique
- BelRefugees – Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés
- CNCD – 11.11.11
- La Ligue des familles
- Samusocial
- Vluchtelingenwerk Vlaanderen



