Le CIRÉ censuré par le MR et Les Engagés: il est écarté des auditions parlementaires sur les "visites domiciliaires"

Communiqué de presse - 18 juin 2026

Ce jeudi 18 juin, le CIRÉ, coupole pluraliste regroupant 32 organisations actives en droit des étrangers, a fait l'objet d'un véto nominatif de la part des partis de la majorité, dont le MR et Les Engagés. Ils l’ont exclu des auditions parlementaires qui vont être consacrées au projet de loi sur les "visites domiciliaires".

Alors que le CIRÉ s'était réjoui que la majorité accepte la tenue d'auditions sur ce projet de loi, il déplore aujourd'hui que son organisation ait été nommément visée par ce véto.

Une expertise sollicitée, puis écartée

Le MR et Les Engagés, comme d'autres partis, consultent pourtant l'expertise du CIRÉ dans leurs travaux internes. Non par sympathie, ou partage de vision sur les politiques migratoires, mais parce qu'avec ses 32 organisations membres et ses 70 ans d'existence, le CIRÉ a développé une connaissance fine des politiques migratoires et des droits des personnes étrangères. Par ailleurs, le CIRÉ travaille depuis des mois sur le sujet des "visites domiciliaires" pour apporter une analyse pointue et critique.

Un précédent dangereux

Comme l'a rappelé l'opposition, jamais la majorité n'avait jusqu'ici imposé par le vote le choix des structures ou des acteurs auditionnés en commission Intérieur de la Chambre. Que ce précédent surgisse précisément sur le dossier des "visites domiciliaires" n'est pas anodin. Que ce boycott cible spécifiquement le CIRÉ ne l'est pas davantage.

Une justification qui ne tient pas

La majorité justifie ce véto par une vidéo réalisée par le CIRÉ en novembre 2025 pour s'opposer au projet de loi, dans laquelle une famille est filmée au petit-déjeuner, tandis que la radio annonce que "les arrestations brutales de sans-papiers se multiplient sur le territoire" . La police frappe à la porte, puis la force; la famille se cache, terrorisée. Le clip précise: "Ceci n'est pas une fiction, c'est un projet de loi" . Il s'agit donc d'une illustration de ce qui pourrait se passer si ce projet de loi est voté.

Le CIRÉ et la majorité n'ont pas la même lecture de ce qui devrait choquer. Voilà des mois que l’association, avec de nombreux partenaires, mais aussi de nombreux·ses citoyen·nes, dénonce publiquement que ce projet de loi permettrait de viser de nombreuses personnes en séjour irrégulier, y compris, par exemple, une femme sans papiers, ayant reçu plusieurs ordres de quitter le territoire et interceptée sur son lieu de travail.
Le MR et les Engagés refusent de voir ce qui est une réalité: ce projet de loi ne définit pas clairement les personnes visées par une "visite domiciliaire". Le CIRÉ l’a souligné, tout comme le Conseil d'État, Myria et d'autres associations.

Ce boycott du CIRÉ et de ses 32 organisations membres est un précédent choquant et dangereux. Les justifications avancées sont bien faibles, et mènent à un constat très simple: le regard critique que le CIRÉ porte sur ce projet de loi dérange la majorité.

En s'attaquant à la diversité des voix entendues en commission, c'est le débat démocratique lui-même que la majorité bafoue.
Le CIRÉ continuera à porter ce regard critique, avec ou sans micro au Parlement.

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