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Le CNCD lance sa campagne "Justice migratoire"

Le CNCD lance sa campagne "Justice migratoire"

Le CNCD lance une campagne pour la justice migratoire. Son objectif? Permettre à toutes les personnes qui ne se retrouvent pas dans les politiques actuelles de tracer ensemble un autre chemin. Parce que la justice migratoire est un élément indispensable de la construction d’un monde juste et durable.

Il n’est pas possible de parler de justice sans évoquer les injustices... Et en parlant de migrations, elles sont nombreuses.

Injustice sociale, d’abord. Ce sont les inégalités entre pays qui déterminent de nos jours la majorité des inégalités mondiales. C’est le lieu de naissance qui est donc le principal facteur qui détermine le niveau de vie des citoyens. En outre, selon que nous sommes riches ou pauvres, citoyens du Nord ou du Sud, notre capacité à nous déplacer sur la planète n’est pas la même. Alors qu’il est relativement facile pour un ressortissant qualifié d’un pays développé d’aller s’installer à peu près partout dans le monde, le paysan malien ou l’ouvrière chinoise ne sont pas du tout dans le même cas. Pire : depuis 40 ans, les politiques, singulièrement en Europe, ont progressivement rendu la migration légale à peu près impossible pour la majorité de l’Humanité. Résultat : ceux qui cherchent à quitter leur pays d’origine doivent souvent le faire au péril de leur vie, comme en témoignent les milliers de morts comptés chaque année sur les routes migratoires. Quant à ceux qui arrivent à destination, ils sont cantonnés dans des zones de non-droits, comme c’est le cas des sans-papiers.

Injustice de l’accueil, ensuite. Tous les pays ne sont pas égaux devant la migration, en particulier devant l’accueil des migrations forcées. Ainsi, 10 pays prennent en charge la majorité (57%) de l’accueil des réfugiés dans le monde, les quatre premiers se situant au Moyen-Orient. Aucun d’entre eux n’est un pays développé. Quant à l’Europe, elle est loin d’en accueillir « toute la misère », selon la formule consacrée : seuls 8 % des réfugiés y résident. De même, la solidarité intra-européenne est loin de jouer son rôle : se cachant derrière le règlement de Dublin, qui prévoit l’obligation pour tout demandeur d’asile de s’adresser au premier pays dans lequel il a mis les pieds, la majorité des Etats européens en laissent quelques-uns (Grèce, Italie, Espagne...) seuls devant la responsabilité d’accueil.

Injustice de genre, enfin. Les migrations se sont fortement féminisées ces dernières décennies. Dans les pays du Nord, les femmes constituent même désormais la majorité parmi les migrants. Or, les politiques restrictives mises en place ont un impact particulier sur les femmes, qui sont d’autant plus susceptibles d’être victimes de violences spécifiques et de traite des êtres humains. Selon l’ONU, 70% des femmes migrantes sont victimes de viol.
Une proposition : la justice migratoire

Derrière la justice migratoire se cache la volonté d’appliquer l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits ». Et tant qu’à harmoniser nos droits, autant le faire par le haut, plutôt que d’alimenter le nivellement par le bas en cours dans plusieurs domaines depuis 40 ans.

Etablir la justice migratoire, c’est opérer un virage à 180 degrés en matière de politiques migratoires :

  • En défendant la solidarité, grâce à la mobilisation des moyens nécessaires pour éradiquer l’extrême pauvreté et les inégalités mondiales, conformément aux Objectifs de développement durable, et ainsi permettre à tout citoyen de vivre dignement là où il est né.
  • En défendant le droit de tout être humain à vivre dignement là où il le souhaite, corolaire nécessaire de l’art. 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »
  • En défendant l’égalité en matière migratoire et la notion de justice qui implique de conférer les mêmes droits à toutes et tous, donc de mettre fin aux inégalités en termes de mobilité et d’installation, mais aussi en garantissant les droits des travailleurs migrants et de leur famille, en vue d’enrayer le dumping social exacerbé par l’exploitation des travailleurs sans papiers et donc sans droits.

On commence par quels combats politiques ?

La justice migratoire est une alternative qui doit se construire dans la durée. Elle comporte de nombreuses dimensions pratiques et politiques. Mais si nous voulons faire progresser cette idée, il nous faut bien démarrer quelque part. La campagne que nous menons est donc orientée autour de quatre axes:

  • Lutter contre les inégalités afin que chacun puisse vivre décemment là il le souhaite
  • Promouvoir des voies d’accès légales et sûres au sol européen et mettre fin à la violence aux frontières
  • Instaurer l’égalité de droits pour toutes et tous et renforcer la cohésion sociale
  • Lutter contre les préjugés et amalgames

Plus d'infos sur cette campagne:

www.cncd.be

Dernière modification le mercredi 26 avril 2017 17:36