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Deux ans de soulèvements en Syrie: violence continue et crise humanitaire soutenue - communiqué de presse 15 mars 2013

camp-refugie-UNCHR15 mars 2013, désormais deux ans de soulèvements en Syrie. Deux ans d'approfondissement et d'extension de la violence, dont chacun des 730 jours charrie son lot de victimes civiles tuées, blessées, exilées, déplacées.

Un million de Syriens ont ainsi fui leur pays et ses violences depuis le début de l'insurrection. Près de 400.000 personnes pour les seuls mois de janvier et février 2013. D'après le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, le nombre de réfugiés syriens, qui vient de franchir le cap du million, pourrait doubler ou tripler à la fin de l'année si aucune solution n'est trouvée au conflit dans ce pays.

Dans ce contexte, la Belgique s'est engagée, à la fin du mois de janvier, à octroyer 6,5 millions d'euros supplémentaires (non encore alloués) dédiés à l'aide directe aux réfugiés via l'appui aux organisations internationales et associations actives sur le terrain. Nous saluons cet engagement. Plus loin que les déclarations politiques sur l'évolution de la guerre civile, il importe en effet que notre indignation face aux souffrances infligées et notre nécessaire solidarité se concrétisent pour aider les premières victimes de ces affrontements incessants. Cette nécessité se fait particulièrement sentir à un moment où les statistiques concernant les personnes en attente d'une aide humanitaire urgente semblent s'emballer, faisant craindre au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) une "catastrophe à grande échelle" et certifiant l'enlisement de ce conflit sur le plus long terme encore.

Après une période de gel des dossiers syriens, marquant un fossé entre le geste et la parole, le CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides) a recommencé en août 2012 à examiner les demandes de protection des demandeurs d'asile syriens présents en Belgique. Au 31 décembre de l'année dernière, on comptabilisait 382 protections subsidiaires et 98 statuts de réfugié accordés aux Syriens sur 513 dossiers examinés. Ce taux de protection de 93% - qui reste stable pour les deux premiers mois de 2013 - doit être souligné mais il ne doit pourtant pas faire oublier, outre sa nécessaire continuation, que la politique d'accueil et de protection diffère fortement d'un État de l'Union européenne à l'autre, allant jusqu'à des politiques d'enfermement ou au retour forcé pur et simple, notamment en Grèce, point d'entrée en Europe. Les associations signataires demandent dès lors à la Belgique de soutenir une approche et une politique coordonnée au niveau européen pour tous les Syriens en recherche de protection internationale, en travaillant par exemple à l'activation d'un statut de protection temporaire, telle qu'instaurée (mais non encore appliquée) lors de la guerre du Kosovo. Ce statut est décidé par le Conseil de l'Union européenne. À ce jour, la majeure partie des demandeurs d'asile syriens n'ont pas accès au territoire de l'Union européenne et sont bloqués dans des pays limitrophes comme la Jordanie, le Liban, la Turquie, l'Irak qui doivent faire face, avec peu de moyens, à cette crise de grande ampleur. La Belgique pourrait, dans ce cadre et en collaboration avec le HCR, prévoir rapidement des places de réinstallation pour les réfugiés syriens les plus vulnérables bloqués dans ces pays.

Dans le même souci d'expression solidaire concrète, nous demandons que la Belgique assouplisse et adapte sa politique de visa et de regroupement familial pour que les Syriens souhaitant rejoindre légalement des membres de leur famille en Belgique - du fait de l'urgence humanitaire et de la protection dont ils pourraient bénéficier ici - puissent le faire.

Deux ans déjà depuis le début des soulèvements en Syrie: 3 millions de personnes (des déplacés internes et réfugiés), l'équivalent de plus du quart de la population belge, ont dû quitter leur foyer pour leur simple survie. 4 millions de Syriens ont besoin d'une aide humanitaire urgente. Des chiffres vertigineux qui doivent certifier le rejet de la violence comme mode de "résolution" des différends.

Contacts presse

Jessica Blommaert (CIRÉ) - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Samuel Legros (CNAPD) - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Dernière modification le mardi 17 mars 2015 13:20