Banner Top

“Si mineurs”, les enfants migrants au quotidien

Le CIRÉ et la Ligue des Familles présentent “Si mineurs”, un supplément en six numéros publié dans “Le Ligueur” consacré au quotidien des enfants migrants et à leur actualité. Des reportages et des témoignages pour apporter toutes les informations nécessaires, pour agir, pour contredire et bien sûr, pour pouvoir en parler avec vos enfants.

Si mineurs, et pourtant confrontés à des réalités qui ne sont pas celles des enfants en Belgique.

Si mineurs, et pourtant en permanence ramenés à leur nationalité étrangère, au statut administratif de leurs parents, sans bénéficier de l’approche protectrice réservée aux mineurs qui échappent à la case “étrangers”.

Les mineurs étrangers subissent de plein fouet la politique migratoire pensée pour, et adressée à des adultes. Ils doivent avancer à marche forcée dans leur développement au gré des aléas de la situation administrative de leurs parents.

Une interruption dans le contrat de travail du père ou de la mère et c’est toute la famille qui se retrouve en situation irrégulière. Une fin de séjour, ou un refus de reconnaissance du statut de réfugié et c’est toute la famille qui se retrouve en transhumance. En cas de contrôle sur leur situation administrative, la “privation de liberté” et l’enfermement derrière les barreaux concerne aussi les enfants.

Exposés à des responsabilités et des réalités qui ne devraient pas être les leurs, les mineurs étrangers doivent gérer l’exil et le déracinement avec leurs armes d’enfants. Parfois, ils portent sur leurs épaules une demande d’asile introduite en leur nom. Parfois, la maladie d’un parent est l’unique espoir pour toute la famille d’obtenir un titre de séjour. Dans de nombreux cas, de jeunes enfants accompagnent leurs parents dans les démarches avec les avocats, les autorités communales, les médecins, et les autres acteurs intervenant autour de leur situation pour faire office de traducteur. Ils doivent souvent annoncer à leurs parents que les autorités ne donnent pas de crédit à leur histoire et leur ordonnent de quitter le territoire…

Si mineurs, et pourtant jetés dans un monde où les étrangers sont triés entre bons et mauvais migrants, où ils deviennent des “indésirables”, où ils ne sont plus avant tout des êtres humains, qui ont dû partir, se déraciner et tenter leur chance ailleurs.

À travers les six numéros de cette publication, fruit de la collaboration entre le CIRÉ et le Ligueur, nous apporterons un éclairage sur le point de vue des enfants dans la migration. On pense peu à leur sort lorsque, dans l’actualité, il est question de “flux de migrants”, de gestion des frontières, de “fermeté”, d’expulsion “d’illégaux”… Ils sont pourtant touchés de plein fouet. Leur vie d’enfant, leur scolarité, leur santé mentale et physique en portent les stigmates.

Si mineurs veut donc rappeler que les migrants sont des hommes, des femmes ET AUSSI des enfants.

La thématique choisie pour ce premier numéro est la détention en centre fermé. Une règlementation entrée en vigueur l’été dernier permet que les enfants mineurs étrangers soient enfermés dans une annexe du centre fermé 127bis parce que leurs parents ne sont pas, ou plus en situation de séjour régulière. Enfermés plusieurs semaines en vue d’une expulsion dans un pays dont ils ont la nationalité et dans lequel ils n’ont parfois jamais mis le pied, les enfants sont des détenus comme les autres, contraints de se conformer à la discipline du centre fermé et à attendre le sort que d’autres leur auront choisi. Plaine de jeux, animateurs, trompe-l’œil placé sur le grillage… les autorités assurent tout faire pour que les enfants ne ressentent pas la privation de liberté, ce qui ne convainc pas grand-monde.

Focus sur l’enfermement des enfants étrangers, dans un pays où l’intérêt supérieur de l’enfant est supposé prendre le pas sur toute mesure le concernant.

Article mis à jour le