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L’intérêt des équivalences de diplômes

Dans notre société contemporaine, où le parcours d’études est culturellement et institutionnellement valorisé, le diplôme représente une clé d’insertion socio-professionnelle. Plus concrètement, le diplôme permet de démontrer la maîtrise des savoirs et savoir-faire et ce, sur le marché du travail comme sur celui des études et de la formation. C’est sans doute ce qui explique, en 2017, l’écart de 35% entre le taux d’emploi de la population ayant un faible niveau de qualification (45,6%) et celui de la population hautement qualifiée (82,2%)1.

En Belgique, l’insertion professionnelle constitue par ailleurs un défi particulièrement important pour les étrangers, le taux d’emploi étant nettement inférieur chez ces derniers par rapport à celui observé au sein de la population belge. Le dernier rapport du Conseil Supérieur de l’Emploi déplorait en effet un écart de 20% entre le taux d’emploi des personnes nées en Belgique (env. 70%) et celui des immigrés non-européens (env. 50%). Il s’agit de l’un des écarts les plus élevés sur l’ensemble de l’Union européenne2.

Enfin, Actiris souligne que plus de 40% des chercheurs d’emploi inoccupés à Bruxelles ont un parcours d’études réalisé à l’étranger qui n’a pas d’équivalence en Belgique.
De tels chiffres soulignent évidemment l’importance de la reconnaissance des études que les personnes migrantes ont faites à l’étranger, afin de favoriser leur insertion sur le marché du travail en Belgique3.

Depuis plus de 15 ans, le CIRÉ accompagne les personnes migrantes pour la valorisation des connaissances et compétences acquises à l’étranger, en particulier dans leur(s) démarche(s) d’introduction d’équivalence de leur diplôme. Chaque année, le CIRÉ sensibilise plus de 1200 personnes à ce propos et accompagne individuellement des centaines d’entre elles dans leurs démarches.

L’équivalence de diplôme constitue un outil d’insertion socioprofessionnelle, en ce qu’elle conditionne l’accès à toute une série de formations et d’études, mais aussi à certaines offres d’emploi, à certains métiers, à certains salaires. L’équivalence permet également à la société belge de mettre à profit tout un potentiel de compétences disponibles sur le marché du travail et – qui plus est – gratuit puisque développé à l’étranger.

Cependant, sur le terrain, le CIRÉ observe que les étranger(e)s rencontrent régulièrement des difficultés pour faire reconnaitre leur diplôme.

1 – Ces chiffres proviennent du service Public fédéral de l’Emploi, du Travail et de la Concertation sociale, consultables sur http://www.emploi.belgique.be/moduleDefault.aspx?id=21166.
2 – Conseil Supérieur de l’Emploi, Les immigrés nés en dehors de l’Union européenne sur le marché du travail en Belgique, Bruxelles, octobre 2018. Voir http://www.emploi.belgique.be/defaultNews.aspx?id=47943. Ce rapport met également en avant le fait que les immigrés nés en dehors de l’UE occupent des emplois plus précaires et moins rémunérés que les natifs et, d’autre part, l’inadéquation entre la qualification demandée et le niveau réel d’éducation du travailleur, nettement plus fréquente chez les immigrés nés en dehors de l’UE que chez les natifs.
3 – Observatoire de l’emploi Bruxellois, Évolution du marché de l’emploi bruxellois, janvier 2018.

Article mis à jour le

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