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Le rapport annuel du CIRÉ pour l’année 2016

L’année 2016 en matière d’asile et de migrations aura été marquée par les conséquences de l’accord UE-Turquie. Une mesure qui aura eu un impact sur l’arrivée des demandeurs d’asile en Europe et en Belgique, avec des conséquences importantes sur l’accueil et la structure d’accueil des demandeurs d’asile dans notre pays. Moins de places en centres ouverts et plus de places en centres fermés, voilà qui donne le ton de l’année. Découvrez son bilan dans le rapport annuel du CIRÉ pour l’année 2016.

2016 est l’année qui suit celle de l’arrivée importante de réfugiés sur les côtes grecques et italiennes. C’est l’année des attentats terroristes en Belgique, en Europe et ailleurs, l’année du sentiment d’insécurité qui s’ancre et duquel les discours font encore plus émerger la peur de l’autre, de l’étranger. C’est l’année où l’Union européenne perd son âme définitivement en signant un accord avec la Turquie pour empêcher les migrants d’arriver en Grèce, et ferme la route des Balkans, empêchant toute circulation des demandeurs d’asile en Europe, facilitant la création de camps ouverts et fermés où croupissent des milliers de personnes fuyant la guerre sans espoir ni de relocalisation, ni de protection. Et cela, en enregistrant un record absolu depuis que l’on compte les morts en mer : plus de 5.000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée en 2016.

Un vent de cynisme a soufflé sur l’Europe où les politiques et les discours stigmatisants vis-à-vis des migrants et des réfugiés sont maintenant monnaie courante, où les changements législatifs vidant les droits de leur substance prolifèrent toujours et encore plus, pour dissuader, repousser, expulser. C’est aussi l’année du tournant totalitaire en Turquie, de la chute d’Alep sous les caméras, du Brexit et de l’élection de Donald Trump à la présidentielle américaine. En 2016, arrivent ainsi au pouvoir dans le monde des personnes porteuses d’idées xénophobes, ultra sécuritaires et racistes qui font froid dans le dos, qui nous rappellent l’histoire contemporaine de la montée des fascismes comme jamais.

La Belgique n’échappe pas à cette montée en puissance de la pensée radicale anti-migrants. À tous les niveaux, la politique fédérale s’impose : protection, accueil des demandeurs d’asile, séjour, intégration, détention et expulsion, aucun domaine n’est épargné pour mettre en œuvre une vision ultra fermée des migrations. Avec la baisse drastique de demandes d’asile en Belgique suite à l’accord UE-Turquie et à la fermeture de la route des Balkans, les premières mesures ont été de fermer des places d’accueil : 10.000 en quelques mois, annihilant ainsi les efforts considérables du secteur en 2015 et montrant cyniquement que la Belgique n’était plus prête à aucun effort pour l’accueil et souhaitait plutôt ouvrir de nouvelles places pour renforcer les centres fermés… Cela donne le ton.

Pour le CIRÉ et ses partenaires, cela a signifié la fin de la convention pour l’accueil des demandeurs d’asile en logements individuels active depuis 17 ans ! Et ce sans aucune évaluation de son utilité et efficacité dans le dispositif… Acte politique qui vise à affaiblir une asbl trop critique comme le CIRÉ… Certes sous le choc pendant quelques mois, en raison des pertes d’emploi que la fin de cette convention entraînait, nous en avons profité pour entamer un processus de réorganisation interne pour nous permettre de ne plus être dépendants de subsides fédéraux.

Le rapport

Le rapport annuel du CIRÉ pour l’année 2016

 

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