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La Belgique prive les Afghans de leur porte-parole – Communiqué de presse – 14 mars 2016

La semaine dernière, Hamed Karimi, qui lutte depuis plusieurs années pour la reconnaissance et pour les droits des migrants en Belgique, a été arrêté et placé en centre fermé, parce qu’il était militant. Cette arrestation représente un affront aux libertés fondamentales et à notre démocratie. À ce titre, elle nous concerne tous.

Il s’appelle Hamed, il est porte-parole du collectif des Afghans. Il était présent à la célèbre occupation du Béguinage en 2014. Il est membre de la coordination des sans-papiers et lutte quotidiennement pour les droits et la dignité des personnes migrantes auxquelles la Belgique refuse un titre de séjour.

Il est descendu dans la rue des dizaines de fois, a marché des centaines de kilomètres vers plusieurs villes belges, a manifesté aux côtés de travailleurs belges et participé au premier accueil des réfugiés au parc Maximilien. Il a pris de nombreuses fois la parole, a porté la cause des sans-papiers devant l’Office des étrangers ainsi que devant des parlementaires, belges et européens. La cause qu’il défend est soutenue depuis tout ce temps par de nombreuses associations et les syndicats. Cause que le politique, obnubilé par la répression, refuse d’entendre.

Hamed a été arrêté sur son lieu de vie, habitation collective partagée avec d’autres Afghans, pour la plupart demandeurs d’asile. Il est aujourd’hui détenu au centre fermé de Vottem et craint une expulsion vers l’Afghanistan dans les prochains jours.

Hamed est sans-papiers, c’est-à-dire sans droit de séjour en Belgique, parce que sa demande d’asile a été considérée comme non fondée. Il est pourtant originaire d’Afghanistan, un pays ravagé par la guerre et les violences, où peu d’entre nous oseraient se rendre.

Mais c’est surtout et précisément parce qu’il est un actif défenseur des droits humains, de par ses engagements dans le mouvement des sans-papiers, qu’Hamed a été arrêté.

Outre notre opposition claire à la politique d’expulsion sans scrupules menée par notre gouvernement, y compris vers des pays en guerre, nous nous indignons du fait que cet homme ait été arrêté en raison même de son militantisme. En visant l’un des porte-parole des sans-papiers, les autorités visent sans aucun doute à casser ce mouvement. Elles privent aussi de nombreuses personnes de leur représentant, de celui qui leur donnait une voix.

L’arrestation d’Hamed représente à ce titre une atteinte à la possibilité de défendre ses droits et de faire entendre sa voix sur la place publique. Il en va donc de la liberté d’expression, un principe fondamental de notre démocratie.

Tout ce qu’Hamed demandait, c’était de voir enfin reconnus comme citoyens à part entière les 150.000 personnes qui vivent dans l’ombre et le non-droit, parce que la Belgique leur refuse le droit de séjour, alors qu’un retour est impossible à leurs yeux et qu’elles contribuent pleinement à la société belge.

Les associations et syndicats qui soutiennent le combat des sans-papiers lancent un appel large à la manifestation de ce lundi 14 mars, à 13h, devant l’Office des étrangers, pour exiger la libération d’Hamed et, à travers lui, que la liberté d’expression, pour tout citoyen avec ou sans papiers, reste de mise en Belgique.

Signataires

ADDE, Amitiés Sans Frontières, CEPAG, CIRÉ, CNE, DEI, De Vrede Café, Église et Communauté du Béguinage, FGTB, JSP Journal des Sans Papiers, La Maison des Migrants, Le Monde des Possibles, Médecins du Monde, Migrations et Luttes Sociales, MOC Bruxelles, MRAX, SOS Migrants, VEGA.

Contact presse

Damienne Martin – dmartin@cire.beformulaire de contact

Article mis à jour le

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