Industrie-Union européenne: des liens sulfureux

La DG « Innovation et recherche » a lancé un programme de recherche de plusieurs milliards d’euros. Le septième programme-cadre FP7 prévoit pour 2013 un budget de 8,1 milliards, à répartir entre de multiples domaines allant de l’énergie au climat, à la nanotechnologie et à la sécurité.

Les projets relatifs au domaine de la sécurité (plusieurs centaines de millions d’euros) incluent entre autres la surveillance et le contrôle des frontières ainsi que l’intégration et l’interopérabilité des systèmes de sécurité.

Un groupe de consultants en sécurité dénommé « FP7 Security Advisory Group » a été constitué. Son mandat consiste à conseiller la commission sur la stratégie, les objectifs et les priorités technologiques et scientifiques en matière de sécurité.

Les membres du groupe sont supposés siéger à titre personnel et ne pas tirer profit du programme-cadre ni tenter d’exercer une influence sur ce dernier1. On peut cependant en douter dans la mesure où sur les 22 membres de ce groupe, réunissant des représentants d’agence européenne (Frontex, Europol, Agence européenne de défense), quelques représentants d’administration nationale, y compris le service de secours d’urgence israélien, et quelques consultants en innovation et recherche, on trouve pas moins de 5 représentants des principaux groupes industriels de sécurité et de défense : Cassidian, une division d’EADS, France,Finmeccanica, Italie,Sagem/Securité-Morpho, un équipementier de haute technologie français, Siemens Building Technologies et surtout EOS, European Organization for Security, un syndicat représentant à lui seul les intérêts de 39 membres et groupes industriels de sécurité et de défense, installés dans 13 pays de l’Espace économique européen2.

Les objectifs d’EOS sont sans ambiguïté : il s’agit de soutenir le développement d’un grand marché européen de la sécurité, en réalisant une étroite collaboration avec les pouvoirs publics nationaux et les administrations européennes, notamment les DG Affaires intérieures, Transport, Affaires maritimes, ainsi qu’avec des agences comme Frontex, l’agence européenne de défense, le Parlement européen et les organisations européennes de standardisation3.

EOS publie régulièrement des « non-papiers » proposant des recommandations pour le développement du marché de la sécurité. Parmi les réalisations dont EOS réclame la paternité figurent la création de la DG Affaires intérieures, du projet Eurosur, de la politique industrielle européenne de sécurité, le développement de liens plus étroits entre la politique européenne de recherche et la politique européenne de sécurité, enfin les projets de standardisation, interopérabilité et de création d’un dialogue Public/Privé… Dans ces conditions on a peine à imaginer qu’il puisse ne pas y avoir collusion d’intérêts…

Notes:
1 ec.europa.eu/research/fp7/pdf/advisory-groups/security-mandate.pdf
2 Parmi lesquels figurent entre autres EADS, Thalès, Siemens, Rapiscan, spécialisée dans les contrôles d’aéroport.
3 www.eos-eu.com/?Page=advocacy
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