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Communiqué de presse du 25 avril 2012- Centre fermé Caricole : les murs changent, l’indignité reste

Aujourd’hui, la Belgique inaugure un nouveau centre fermé, le “Caricole”. Ce centre servira à enfermer toujours plus d’étrangers et de demandeurs d’asile. Une pratique que le CIRÉ juge inhumaine et inacceptable. Parce que, même flambant neuf, ce centre poursuit le même objectif: priver de liberté des personnes qui n’ont commis aucun crime et qui demandent protection à la Belgique.

C’est ce mercredi que le centre fermé “Caricole” ouvre ses portes à Steenokkerzeel. Il remplace le centre de transit 127, et le centre Inad – pour “inadmissibles” – situé dans l’aéroport de Zaventem. Dans ce nouveau centre, l’Office des étrangers pourra enfermer des demandeurs d’asile et des étrangers auxquels on refuse l’accès au territoire belge.

Certes, le “Caricole” est un bâtiment flambant neuf, remplaçant des centres inadaptés ou devenus insalubres. Mais sa fonction est bel et bien la même et reste injustifiable: priver des migrants de liberté, pour la plupart parce qu’ils demandent l’asile à la frontière. Ces hommes et ces femmes ont quitté leur pays, fuyant les persécutions, les violences ou la guerre. Ils viennent demander la protection à la Belgique. Et, contrairement à ceux qui demandent l’asile à l’intérieur du pays, ceux qui le font à la frontière sont pratiquement systématiquement détenus en centres fermés durant toute leur procédure. Pour être plus facilement expulsés vers leur pays de provenance. Il est indigne pour la Belgique d’accueillir ainsi les demandeurs d’asile. Les principes internationaux en matière de droits humains stipulent clairement que leur placement en détention doit être l’exception et non la règle et qu’une personne ne peut être placée en détention au seul motif qu’elle demande l’asile.

Le CIRÉ s’oppose à l’existence même des centres fermés. Priver une personne de liberté est grave: la détention doit être systématiquement soumise à un réel contrôle judiciaire. Si une mesure de détention peut s’avérer exceptionnellement nécessaire pour protéger l’ordre public ou la sécurité nationale ou encore pour vérifier l’identité d’une personne arrivant sans autorisation d’entrée, cette mesure doit faire l’objet d’un examen au cas par cas et ne peut être envisagée que pour une durée très brève.

Les conséquences de la détention sont extrêmement lourdes pour les personnes qui la subissent : obstacles pour le suivi de la procédure d’asile, difficultés pour obtenir une aide juridique de qualité, stress, aggravation d’un mauvais état de santé… Sans parler de l’impact sur l’image des migrants, vus comme des criminels enfermés dans des lieux hautement sécurisés par des grillages et des barbelés. La détention ne devrait donc être qu’une solution de tout dernier ressort et non une pratique automatique des autorités.

Plutôt que de créer de nouveaux centres fermés, coûteux et inhumains, pourquoi ne pas mettre en place des alternatives positives à l’enfermement? Les logements gérés par l’Office des étrangers dans lesquels sont hébergées les familles démontrent que des alternatives existent et sont possibles. Ces alternatives pourraient être étendues à un public plus large. Pour que cesse cette pratique de privation de liberté qui porte atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des migrants.

Contact presse

Fred Mawet (Directrice du CIRÉ) – formulaire de contact

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